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  • Rick Henderson

Le premier homme de la renaissance dans la vallée

L'éclectique, l'excentrique, l'exécrable Edward Van Cortlandt (Dr)

Les personnes les plus colorées dans les livres d'histoire sont celles qui se sont distinguées, celles qui ont accompli de grandes choses de manière inhabituelle, celles dont le comportement était résolument différent.

Cet avis public, publié le 19 août 1848, nous raconte l'histoire de l'un des citoyens les plus ... hum ... colorés des débuts de Bytown.


Traduction :

AU PUBLIC Ayant été grossièrement et gratuitement insulté hier, dans les rues de Bytown, par Edward V. Cortlandt, et ayant promptement exigé de cet individu (par l'intermédiaire d'un ami) la satisfaction habituelle, que ce mécréant lâche, sans donner de raison, a refusé d'accorder. Il ne me reste plus qu'à proclamer au monde, et je le fais maintenant, qu'Edward Van Cortlandt, chirurgien, de cet endroit, est un menteur, un calomniateur et un voyou méprisable ; une misérable canaille lâche, un poltron pitoyable, et totalement indigne de l'attention de quiconque à des prétentions au caractère d'un gentleman. R. Hervey Junior Bytown, 19 août 1848

Il s'agissait manifestement d'une vilaine dispute entre le Dr Edward Van Cortlandt [1] et Robert Hervey Junior qui allait devenir maire de Bytown l'année suivante, en 1849. J'aime le langage très coloré employé par Hervey qui remet en question le caractère de Van Cortland.

La harangue de Hervey est la crème de congrégations de calomnies jamais colporter à la capitale. Ne serait-ce pas formidable si on pourrait-donc tous lancer des affiches de haine comme celle-ci dans toute la ville aujourd'hui ? Oupse, attendez... désolé, j'ai oublié... Facebook !

Un peu plus de commérage plus tard ...

Un bon médecin et un humanitaire

Au début de Bytown, le Dr Edward Van Cortlandt s'est définitivement distingué. Il n'était pas le premier médecin à arriver à Bytown, mais il était certainement le plus remarquable, en son temps.

Dr Edward Van Cortlandt à 59 ans, 1864

Il a étudié la médecine au Québec, de 1819 à 1825, et a été nommé au poste de bibliothécaire à la Royal Medical and Chirurgical Society de Londres pendant trois ans avant de revenir au Canada.

Il est arrivé à Bytown juste à temps pour établir son cabinet médical et servir pendant l'épidémie de choléra de 1834.

Ses nombreuses contributions en tant que médecin à Bytown et à Ottawa comprennent le bénévolat à l'hôpital des Soeurs grises de la Croix de Bytown, sous la direction d'Elisabeth Bruyère ; la nomination en tant que médecin puis médecin consultant à l'hôpital général après 1851 ; la fonction de coroner de la ville d'Ottawa (il a participé à l'autopsie de Thomas D'Arcy McGee) ; la fonction de médecin à la prison du comté et la fonction de chirurgien à la Batterie de campagne d'Ottawa.

Cependant, bien que sa réputation de médecin soit louable, ce sont ses autres activités scientifiques importantes qui font de lui le premier homme de la Renaissance de la vallée de l'Outaouais.

Mais quessé ça, une société silurienne ?

À différentes époques, il a été secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures de Montréal et président de la Société d'horticulture d'Ottawa. Il était un naturaliste réputé, dévoué à l'horticulture, à l'ichtyologie et à l'herpétologie, qui a publié plusieurs articles scientifiques sur les diverses espèces de la vallée de l'Outaouais.

Mais en regardant sa photo, on pourrait plutôt le considérer comme Eddie Van Cortlandt, une rockstar vieillissante... et on ne serait pas loin du compte : Une de ses passions était aussi la géologie ! (Compris ? rock star ? ... mes excuses au lecteur et à Eddie Van Halen !)

En tant que membre fondateur de l'Ottawa Silurian Society, Dr Van Cortlandt a passé beaucoup de temps à remonter et à descendre la rivière des Outaouais en canoë, et à parcourir les régions sauvages pour enregistrer les richesses fossilifères et géologiques de la vallée.


Pierre angulaire de l'édifice du Centre des bâtiments du Parlement du Canada

C'est lui qui a indiqué aux constructeurs du Parlement où ils pouvaient trouver les grands dépôts de grès doré à partir desquels les bâtiments du Parlement seraient construits. C'est également lui qui a découvert les premiers affleurements de marbre blanc à Portage-du-Fort, d'où a été taillée la pierre angulaire massive de l'édifice du Centre.

En tant que président du Bytown Mechanics' Institute and Athenaeum, il a publié au moins un rapport sur l'archéologie dans le Canadian Journal de 1853 et il a créé un musée de géologie et d'archéologie et l'a ouvert au public.

Le docteur déniche des os ...

L'archéologie, vous demandez ? Ça aussi ? Oui et oui. Il a été impliqué dans une découverte qui allait finalement susciter une grande controverse dans un article du Bytown Gazette de 1843 (traduit) : « ... alors que des ouvriers étaient occupés à creuser du sable dans une fosse située immédiatement à l'arrière de l'hôtel Bédard, à Hull, ils sont tombés accidentellement sur des ossements humains. » L'hôtel Bédard - ou le Kings Inn, comme l'a nommé Philemon Wright - se trouvait au débarcadère de Hull, ce qui est aujourd'hui la rive au Musée canadien d'histoire.


Dans un article publié en 1853, le médecin lui-même a décrit la scène (traduit) :

"Au cours de l'été 1843, alors qu'un ouvrier était occupé à creuser du sable pour le mortier utilisé dans la construction des piles du pont suspendu en fil de fer de Bytown (le pont d'Union), il est soudainement entré en contact avec un certain nombre d'os humains, et ayant été apprivoisé par les circonstances, je n'ai pas perdu de temps pour me rendre sur les lieux de leurs opérations. Une petite enquête leur a permis de découvrir un cimetière indien. Rien n'aurait pu être mieux choisi pour la sépulture que l'endroit en question, situé sur une pointe de terre en saillie directement à l'arrière de leur campement, à un endroit de portage, et à environ un demi-mille en aval de la puissante cataracte de la Chaudière ; cela a immédiatement démontré un fait qui nous a été transmis par la tradition, à savoir que les aborigènes avaient l'habitude, quand ils le pouvaient, d'enterrer leurs morts près des eaux courantes".

Bien des années plus tard, lorsqu'on a appris que les ossements et les artefacts se trouvaient dans les collections du Musée des civilisations, le chef de la Kitigan Zibi Algonquin Anishinàbeg a demandé et obtenu la garde des restes pour assurer une nouvelle inhumation.

... et maintenant, les potins

Aussi accompli qu'ait pu être le Dr Van Cortlandt, ce qui semble le plus intéressant à propos de cet homme aujourd'hui - pour moi, du moins (je rougis d'écrire) - ce sont les nombreuses escarmouches auxquelles il a participé. Ce qui semble être à l'origine de tout cela, c'est un tempérament de feu, un talent pour garder rancune, le tout alimenté par un ego gros comme la terre. Il semble que ce n'était pas un homme qui était sur le point de reculer devant un combat.

En 1903, le Dr Henry Beaumont Small, naturaliste canadien, décrit ainsi le Dr Van Cortlandt (traduit)

« Il était bizarre et excentrique dans ses manières et sa tenue - brusque, vif et même rude dans son discours... Il était impétueux et d'un tempérament vif ; toujours prêt à imaginer une légèreté et tout aussi prêt à s'indigner d'un grief fantaisiste. Sous cette apparence rude, il y avait une nature aimable et sympathique... Je me souviens de sa marche rapide et énergique, et de son habitude d'arracher les casquettes des garçons quand il passait devant eux. »

Vers 1839, Van Cortlandt a été impliqué dans une agression contre un lieutenant Hadden pour des animaux de compagnie. J'aimerais savoir de quel genre d'animaux nous parlons ici, mais il n'y a pas d'autre anecdote de la source - dommage qu'ils n'aient pas de Facebook, à l'époque.

La dernière digression dégoûtante de la démarche disgracieuse du docteur est une saga sapidement salace (battez ça, Robert Hervey Jr. !) qui commence avec la naissance du huitième fils de Ruggles Wright et se termine par une lettre calomnieuse de la main de notre cher docteur.

Le fils de Ruggles s'appelait Edward VanCortland Wright ... nous savons donc qu'il y avait au moins une grande admiration de la part de Ruggles, sinon une relation étroite avec le Dr Van Cortlandt.

Lorsque Philemon Wright, le père de Ruggles, eut une série d'accidents cérébrovasculaires en 1839, qui le laissèrent incapable de parler pendant des mois avant sa mort, c'est le Dr Van Cortlandt qui fut appelé au lit de malade du Old Squire.

Ensuite, deux choses se sont produites : premièrement, Ruggles, qui connaissait des difficultés financières à l'époque, n'a pas payé le médecin pour ses services et après, le médecin a poursuivi Ruggles en justice pour obtenir un paiement. On peut supposer que les deux hommes se sont disputés.


Une page de la lettre de Van Cortlandt à Henry Morgan, 1861

La chose suivante qui se produit est une lettre publiée en 1861, écrite par le Dr Van Cortlandt à M. Henry James Morgan. Morgan était un biographe historique de renom. Il semble que M. Morgan avait demandé au médecin de partager ses réflexions sur Philemon Wright pour un futur article biographique.


Le Dictionnaire biographique du Canada a de très bonnes choses à dire au sujet de M Morgan (traduit) : « Le but de Morgan semble avoir toujours été double : promouvoir la condition politique et culturelle de la société canadienne, et fournir un moyen pour que le public apprécie les individus qui sont derrière ce développement. »

Néanmoins, dans cette lettre, le Dr Van Cortlandt semonce vivement toute personne nommée Wright. Après avoir accusé Philemon d'être mort d'une «

allégeance trop ferme au Roi Alcool !!!!! » (voir la NOTE, ci-dessous), il s'en prend ensuite à ses quatre fils, disant que Philemon était « ... mal représenté par son successeur (Ruggles, qui est) l'un des quatre (fils) qui ont tous suivi la même voie dans la même famille directe. Sur leur front, plus de 20 de ses descendants ont été précipités dans une tombe précoce par la puissance du sort de ce magicien... l'estampe du Grog !!! »

(NOTE : Philemon est mort à 79 ans d'une série d'attaques cérébrales, son fils aîné, Philemon Junior est mort d'une fracture du cou à 38 ans, et Tiberius est mort de la grippe)


Ce verdict vulgaire et vitupérant (désolé, je ne peux plus m'en empêcher lorsque j'ai commencé) se poursuit alors qu'il s'en prend aux femmes Wright, leur réservant le pire : « ... les descendants féminins sont tous trop enclins à aimer le sexe opposé, en d'autres termes, sans exception, toutes sont des P_____S! - ... le nombre de veaux est unique dans cette famille. »

Heureusement, M. Morgan n'a pas utilisé les réflexions malveillantes du médecin dans ses propres notes biographiques sur Philemon Wright.

Le mot de la fin ...

D'une manière générale, il faut dire que chaque homme est un mélange compliqué de bon et de mauvais et Edward Van Cortlandt n'était pas différent. Il est mort en 1875, et dans sa nécrologie dans un journal local on peut lire le dernier mot :

« Le docteur est considéré comme le premier médecin en matière de compétences médicales dans cette partie du pays. C'était un homme aux perceptions rapides, et plutôt brutales, mais qui avait en dessous un cœur chaleureux pour les pauvres, dont son talent était toujours à leur disposition. Une autre caractéristique de l'homme était dans ce qu'il croyait être son devoir, il ne craignait pas le visage de l'homme. Un exemple de ce qui précède est une lettre que nous avons publiée dans la "Bannière" (journal), il y a quelques années, contre les autorités pour leur traitement des prisonniers dans la prison, appelée le 'trou noir de Calcutta'. Les pauvres ont perdu une amie chaleureuse et Ottawa a perdu son meilleur médecin. » (Traduction d'un extrait du livre A History of Old Bytown and Vicinity, Andrew Wilson, 1875, p. 58)


Dr Van Cortlandt, 1870, Topley

« Photographie du Dr Edward Van Cortlandt, septembre 1870, par William James Topley, Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa (numéro de négatif E002505151). Le père du Dr Van Cortlandt et d'autres membres de sa famille avaient été impliqués dans l'armée (Moffat 1973:1-2). De plus, dans les premières années de Bytown, le Dr Van Cortlandt a servi comme médecin militaire à l'hôpital militaire de Barracks Hill (aujourd'hui la colline du Parlement à Ottawa). Moffat (1973:30-31) rapporte également que le Ottawa Times a rapporté que "ses funérailles ont eu lieu avec tous les honneurs militaires... en présence de son régiment, la Batterie de campagne... » * *Reproduit à partir de la source suivante : https://www.historymuseum.ca/cmc/exhibitions/archeo/ossuary/ossuary-figure1e.html




[1] Son nom était également orthographié van Cortlandt, Van Courtland.

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